E.N. Bell, premier surintendant des Assemblées de Dieu

Le courant évangélique qui remonte à Jésus-Christ, et qui a traversé toute l’Histoire de l’Eglise, s’est manifesté plus particulièrement à certaines époques, comme au XIIè siècle avec le mouvement vaudois, au XIVè siècle avec Jean Huss, et au XVIè siècle avec la Réforme.

Dès le début de la Réforme, de petits groupes protestants souhaitent revenir à une piété et à une foi conformes à l’évangile avec un engagement plus personnel envers le message du Christ. Le courant évangélique continue d’irriguer les Églises de la Réforme et engendre des communautés vivantes. Dans les pays protestants qui faisaient preuve de tolérance, ces petites Églises de professants ont pu progresser, remettant en lumière de nouvelles facettes de l’enseignement du Nouveau Testament.

C’est ainsi qu’en Grande-Bretagne, se développèrent les Baptistes et les Quakers. En Allemagne, les Frères Moraves retrouvaient toute l’importance de cette rencontre avec Dieu que la Bible appelle « conversion ». En Angleterre, à la fin du XVIIIè siècle, John Wesley, pasteur de l’Église anglicane, prêche un retour aux sources de la foi. Il fonde des Églises si bien organisées qu’on les appelle « Méthodistes ». C’est encore l’émergence du courant évangélique au sein même des Églises qui réapparaît tout au long du XIXè siècle, avec l’Armée du Salut, la Mission de Paris, les Sociétés bibliques. Ce mouvement a mis en valeur l’autorité des Écritures et la piété des temps apostoliques au sein du christianisme, tout en l’insérant dans la modernité. A cette époque, les Églises évangéliques préconisaient une séparation du pouvoir politique et des Églises, ainsi que le respect de la liberté de conscience. Au tournant du XXè siècle, dans la continuité du courant évangélique, naît le Réveil de Pentecôte avec la redécouverte de la dimension charismatique, c’est-à-dire du baptême dans le Saint-Esprit et des dons spirituels, comme au jour de la Pentecôte, selon le récit du Nouveau Testament (Actes 2).

Il est impossible de fixer une origine unique au « pentecôtisme » moderne. Ni le grand Réveil du Pays de Galles, en 1904, qui sortit la chrétienté évangélique de sa torpeur ; ni le Réveil de Asuza Street à Los Angelès, en 1906, qui attira des observateurs du monde entier, ne peuvent être considérés comme les seules sources historiques contemporaines du mouvement de Pentecôte. Avant ces dates, des Églises revivaient l’expérience de la Pentecôte en Arménie, aux Indes, en Chine, au Chili, bien que sans personnalités marquantes comme Luther ou Wesley l’avaient été en leur temps. Avec un dynamisme et une vitalité renouvelés, ce mouvement spirituel se répandit en Europe dans les années 1910. Le mouvement de Pentecôte est certainement aujourd’hui l’une des principales confessions protestantes dans le monde.

En 1914, de nombreux ministres du culte et laïcs de la « première vague charismatique » en expansion ont commencé à réaliser combien l’implantation du réveil pentecôtiste était profond. Les dirigeants ont senti le besoin de protéger et de préserver les résultats de ce réveil protestant évangélique en unissant le mouvement naissant en une Communauté unie. En avril 1914, environ 300 pasteurs et laïcs venant de 20 États et de pays étrangers ont été invités pour assister à une Assemblée Générale à Hot Springs, dans l’État de l’Arkansas, aux États-Unis, et ainsi discuter et prendre des mesures sur ces questions et sur d’autres besoins ecclésiastiques pressants6. Si cette Assemblée Générale n’a pu à l’époque former un conseil ecclésiastique mondial pentecôtiste (surtout du fait que le pentecôtisme hérite du baptisme une conception claire de l’autonomie des églises locales ou congrégationalisme), la communauté restante qui a émergé de la réunion a constitué de suite le « Conseil Général des Assemblées de Dieu aux États-Unis d’Amérique » (General Council of the Assemblies of God in the United States of America). En 1916, la Déclaration de vérités fondamentales des Assemblées de Dieu est officiellement publiée et adoptée par les Assemblées de Dieu des États-Unis.

Avec le temps, des mouvements autonomes auto-financés (indépendants du Conseil Général des Assemblées de Dieu aux États-Unis) ont été formés dans plusieurs pays à travers le monde, provenant soit de mouvements pentecôtistes locaux (en lien avec d’autres mouvements protestants, historiques et évangéliques) soit comme conséquence directe du travail des missions du Conseil Général des Assemblées de Dieu aux États-Unis8.

C’est en juillet 1988 qu’est enfin créé à Springfield (État du Missouri), aux États-Unis9 un conseil général et international pentecôtiste dénommé officiellement « l’Association Mondiale des Assemblées de Dieu » (World Assemblies of God Fellowship).

Siège des Assemblées de Dieu, Springfield

En 2014, le mouvement des ADD regroupait quelque 67 millions de membres répartis dans 212 pays au sein de l’Association Mondiale des Assemblées de Dieu.

Les Assemblées de Dieu sont l’une des plus anciennes et des plus importantes familles du mouvement de Pentecôte.